Inspiration – James Lee Burke

par | 23 Jan. 2025 | Inspirations, Réflexion | 1 commentaire

Lors d’un voyage en Louisiane en fin d’année, j’ai eu la chance de visiter New Iberia, la ville de cœur d’un de mes écrivains favoris : James Lee Burke. Né le 5 décembre 1936 à Houston au Texas, c’est un écrivain américain de romans policiers. Lauréat de nombreux prix littéraires, il est particulièrement connu pour sa série mettant en scène le shérif Dave Robicheaux. Après l’université, Burke a pratiqué plusieurs métiers : ouvrier du pétrole, routier, journaliste, assistant social, garde forestier, topographe, enseignant d’anglais. Dans les années 1980, il enseigne l’écriture créative à l’Université d’État de Wichita (Kansas). Actuellement Burke et sa femme Pearl partagent leur temps entre l’État du Montana et la Louisiane.

Il a remporté les prix Edgar pour ses romans Black Cherry Blues (1990), Cimarron Rose (1998) et Flags on the Bayou (2024). Il a également reçu le Grand Master Award des Mystery Writers of America. Le personnage de Robicheaux a été interprété deux fois à l’écran, d’abord par Alec Baldwin (Heaven’s Prisoners) puis par Tommy Lee Jones (In the Electric Mist). On a comparé son écriture à celle de Jean-Paul Sartre, d’Ernest Hemingway, et de Thomas Hardy.

James Lee Burke m’inspire à plus d’un titre dans ma vie et plus particulièrement dans ma peinture.  C’est un amoureux de la nature et ses romans sont emplis de descriptions rêveuses et flamboyantes. Il ouvre notre imaginaire à la beauté, nous faisant réaliser l’absolue nécessité d’observer le monde qui nous entoure. Tel un peintre, il ne décrit pas ce qu’il voit, mais il donne une interprétation personnelle, enrichie de ses motifs intérieurs. Les idées de puissance, de force, de pouvoir et de compassion sont à la source de son inspiration.

En voici deux exemples :

« Le ciel au sud brillait comme une soie bleue brillante. J’espérais qu’il allait faire orage cet après-midi, que la pluie viendrait battre les marais et le bayou comme un tonnerre, rugir comme des rafales de chevrotine sur le toit de ma maison, déferler dans les rigoles et les feuilles mortes sous les pacaniers de mon jardin. »

« Le ciel d’automne était d’un bleu si dur qu’une allumette frottée s’y serait enflammée, la lumière jaune si douce qu’on aurait pu la croire vieillie en fût de chêne. »

James Lee Burke est aussi un fin analyste des comportements humains. Sa vision du monde me réconforte et me rend plus fort.

Encore deux exemples :

« J’ai toujours attaché de l’importance à l’opinion de certaines personnes. … . Lorsque j’étais enfant, ceux parmi eux qui étaient bons me disaient que j’étais bien. Se trouvaient aussi dans ce groupe de personnes des êtres ineptes et malheureux d’être ce qu’ils étaient, des êtres cruels qui prenaient plaisir à inculquer aux enfants des sentiments de culpabilité. Mais les bons me disaient que j’étais bien. Aujourd’hui adulte, je continue à croire que nous devenons ce que nous voyons se refléter dans le regard des autres ; il est par conséquent important que quelqu’un nous dise que nous sommes bien. »

« Il ne faut jamais oublier qui tu es pour ne pas devenir comme ceux qui t’entourent. Chaque nuit, tu te dis et tu te répètes que tu as un endroit spécial à l’intérieur de toi où tu vis. C’est comme une cathédrale privée que personne ne peut toucher. C’est ça le secret de la santé mentale. »

En conclusion, ce passage en Louisiane à New Iberia m’a rempli d’émotions et m’a inspiré pour mes peintures. Il m’habite lorsque je peins mes tableaux de Louisiane, il est présent par ses descriptions et ses idées. Je crois que la peinture est faite de cela : notre histoire, nos émotions, nos souvenirs qui viennent habiter nos toiles sans que nous comprenions comment, mais qui donne l’unicité et le caractère à nos œuvres.

« La Louisiane du Sud est une soirée de fête, et je suis aujourd’hui assez vieux pour mettre de côté les soucis vains et stupides de ma condition de mortel, et cesser d’imposer la mesure erronée du temps que nous offrent calendriers et horloges à mon existence et , ce faisant , à l’éternité »

1 Commentaire

  1. Merci Jean-Marc pour ce partage inspirant. J’ai hâte de voir les prochaines peintures inspirées par ce voyage !

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